Lundi 26 mai 2008

France 2, ce soir, pour une fois j’arrive tôt, juste à l’heure pour écouter les informations, pardon  les « news », puisqu’il faut maintenant parler mondialisation.
Sarkozy, dans une usine, la main sur l’épaule d’un salarié, Sarkozy auprès d’un autre à qui l’on fait dire à quel point la participation lui permettrait de payer les traites pour l’achat de sa maison. Séquence parfaite, bien filmée, bon reportage sur un sujet programmé par la conférence de rédaction du matin !

Et bien, non,  notre Président tout puissant le reprend : il ne s’agit pas de participation mais d’intéressement. Nuance sémantique mais bien intéressante. Je reviendrai plus loin sur la nouvelle vulgate que l’on veut substituer aux termes, aujourd’hui presque obscène pour le langage entendu des dominants, de salaire ou de revenu.

Participation rejoint une notion collective d’un effort commun, d’un résultat commun, d’un bénéfice commun, d’une redistribution commune, bref le contraire de l’intéressement. Dans ce mot la racine  intérêt, prend tout son sens. Il n’est pas loin le terme de revenu au mérite, à la prime, de qualification individuelle….

Que peut-on en conclure ?  Plus de dix pour cent du PIB sont passés des salaires aux dividendes. Notre pays a doublé son PIB en vingt ans. Les bénéfices et dividendes pleuvent pour ceux qui vivent de la bourse et de ses diktats.

Pendant ce temps, par imprévision, par spéculation, les prix des matières de base, les prix des énergies dont les entreprises ont toutes été privatisées montent de façon quasi exponentielles. Tout cela secrète bien évidemment de nouvelles fortunes.

Mais il est pour ce gouvernement impensable d’en rétribuer celles et ceux qui travaillent, les salariés, et de soulager ceux que ce monde économique a exclu, qu’il voudrait ne plus voir, ce monde que portant il secrète, celui des exclus, des chômeurs, des sans droits. Ce monde des perdants qu’il a créé et auquel il reproche de ne pas avoir su  s’adapter, auquel il ne propose que sanctions et restrictions. Il ne peut y avoir que nausée à les voir menacer ceux qui sont déjà dans la difficulté, la précarité, la misère. Mais cela ne les atteint pas et les Martin et Fadela, fiers de leurs prérogatives ministérielles n’ont pas même le courage de hurler, faute d’oser démissionner, de sauter en plein vol de ce gouvernement aveugle et obstiné.

Et toutes et tous, les libéraux de tout temps, ceux qui osent enfin le dire, les néo-convertis, tous tellement empressés de décliner ce nouvel horizon indépassable, ont remplacé les Longuet et Madelin dans les médias…Saperlipopette, nom d’une pipe et merde alors !!!!!

Les bénéfices des entreprises,  la montée des prix, la perte du pouvoir d’achat, face à cette équation, une réponse est simplissime : L’AUGMENTATION DES SALAIRES.

Est-ce un slogan d’extrême gauche ? Un besoin ?  Une réalité ?

Il est temps que la gauche gouvernementale, celle qui gagne les élections locales, quitte ses œillères de 2012 et regarde la réalité de la vie des personnes au quotidien…faute de quoi Sarkozy pourra impunément pérorer entre participation et intéressement.

Par François Simon - Publié dans : construire la gauche
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Samedi 24 mai 2008

Histoire d’Eau

 

Audit ou remunicipalisation des services de l’eau et de l’assainissement ? Année 2000 ! Tête de liste d’une liste de gauche, désignée par le PS, à la tête de « la gauche plurielle », la remise en cause de la politique de la municipalité de droite sur les services de l’eau me semblait devoir être l’un des axes forts de notre campagne. Les responsables politiques du PS me proposaient l’instauration d’un audit…..mais une enveloppe kraft m’est donnée en mains propres par des militants associatifs.

Il faut dire que la concession des services municipaux de l’eau par Dominique Baudis en 1989 n’arrêtait de faire couler de l’encre. Jusque là en régie directe par la municipalité, ce service était chaque année bénéficiaire et dégageait même un bénéfice de plus de 43 millions de francs chaque année.

Jean Diebold et Dominique Baudis cédèrent une concession de.... trente ans à la CGE, devenue Vivendi, puis Véolia. Concession de trente ans, doux euphémisme pour signifier le bradage d’un service public municipal rentable à une compagnie privée en lui assurant quasi l’éternité !  Manœuvre d’autant plus indélicate que  la Ville négocia un droit d’entrée de plus de 400 millions et une rente annuelle …équivalente au bénéfice de 1988. Toutes ces sommes furent reversées au budget général de la Ville… Un petit goût de vignette automobile destinée aux personnes âgées et vite intégrée dans le budget de l’Etat. Ficelle tellement grosse que, depuis, une loi interdit de mélanger les budgets, qu’elle limite la durée des contrats de concession.

L’opposition de gauche tempêta, parlant de « vente des bijoux de famille », de fuite en avant d’une politique droitière. Rituellement, les voix gonflaient lors de la présentation des budgets,  mezza voce, car le mode de gestion municipale, y compris dans des villes de gauche, était l’externalisation des coûts, la mise en concession, faisant ainsi le lit de ces multinationales que sont devenues Suez, Bouygues ou Vivendi. Mais l’honneur était sauf puisque, formellement les services restaient publics, mais concédés pour des dizaines d’année à des entreprises privées…

Revenons à cette enveloppe kraft. Que disait-elle ? Pourquoi envisager un audit qui déterminerait ce que la future municipalité devrait décider, alors que l’eau est un bien public, un bien commun, précieux et indispensable pour l’humanité, bien qu’il faut économiser, protéger, préserver, et de la consommation irresponsable des pays riches, et des prédateurs que sont les nouvelles multinationales de l’eau, la plupart étant du reste françaises ?

Petit geste, une enveloppe riche de combats militants, grande conséquence, un projet de gauche qui rejoint ses racines. L’évidence était posée. La volonté politique est de poser des choix, des alternatives, pas d’évoquer des pistes. Avec Jean-Paul Fonvielle, nous imposâmes le débat. Remunicipalisation ou simple audit ? En 2001, à Toulouse, les vents de gauche étaient porteurs. Ce fut la remunicipalisation qui fut officiellement et effrontément énoncé dans notre projet, oubliant les responsables de gauche, parfois même salariés dans ces multinationales de l’eau et des services.

2001, notre liste perdit au second tour les élections. Cet article n’autorise pas une analyse de l’échec. Le nouveau maire installé, qu’allait-on faire de ce combat sur l’eau ?

 Deux initiatives, complémentaires et concertées, prirent corps. L’ensemble des élus de gauche, sur mon initiative et avec leur accord, modifia son opposition à la droite municipale. Nous lançâmes des recours et des plaintes au tribunal administratif. Nous posâmes en conseil municipal les exigences d’un service public en régie directe, la nécessité d’une économie de l’eau, la notion de bien public pour l’humanité, la remise en cause des bénéfices inacceptables des multinationales.

 

 

Dans le même temps, nous avons participé à la construction d’une association  de citoyens, Eau-Secours, association à laquelle tenait avec force  Jean-Paul Fonvielle. Cette association, en fait véritable collectif, reprit de façon citoyenne, ce que nous élus entreprenions au sein du conseil municipal et dans nos recours au tribunal administratif, regroupant les élus en tant que citoyens pour éviter les rejets judiciaires. Une véritable complémentarité s’installa. Elus, nous pouvions accéder à des documents que nous demandait Eau-Secours. De cette façon, l’association devint experte, et paradoxe agréable de la démocratie citoyenne, souvent notre propre structure ressource. Elle-même, associée avec plusieurs personnes représentant les forces militantes politiques et associatives, poursuivit la ville de Toulouse au Tribunal Administratif.

Fort de cette complémentarité et des liens que nous avions créé avec d’autres communes, luttant comme nous contre ces concessions léonines, nous avons alors utilisé un autre outil, l’outil légal de la formation des élus. Grâce à une structure politique, créée lors des élections régionales de 2004, l’Alternative Midi-Pyrénées, l’AMP, nous avons organisé la première formation d’élus pour la remunicipalisation des services de l’eau et pour la prise en compte de l’eau comme bien commun de l’humanité, avec l’aimable complicité d’un organisme de formation agréée, Formation et Citoyenneté. Les intervenants invités devinrent complices  entre eux et le noyau de nos combats actuels.

De conseil municipal en procès, ceux des citoyens élus ou ceux regroupés autour d’Eau-Secours et d’une autre association Ginestou 2000, plus jamais la municipalité n’eut de répit. La ville de Toulouse fut obligée, en 2007, de renégocier à la marge les facturations de l’eau. Petite victoire mais oh combien symbolique !

2008, trois listes à gauche sont présentes. Deux d’entre elles, la liste de la LCR, « liste Debout », et « l’autre liste », liste alternative et citoyenne, posèrent la remunicipalisation de l’eau comme priorité politique. Celle, constituée autour du PS, remit en cause les contrats actuels de la ville avec le concessionnaire. Ce fut elle qui gagna les municipales et qui aujourd’hui a la responsabilité de la gestion de notre ville.

Le combat mené à Toulouse s’opposant à la concession de l’eau  à La CGE, alias Vivendi, alias Véolia, semble être en mesure d’évoluer, puisque la nouvelle municipalité, en relation avec Eau-Secours définit,actuellement les termes de l’audit qui sera, comme la loi actuelle l’exige, .votée et proposée en appel d’offres. Alors d’où vient le malaise ?

Fallait-il un audit pour déterminer un principe politique ? Fallait-il un audit pour simplement redéfinir le réel prix de l’eau au nom du pouvoir d’achat et ne pas essentiellement poser les principes de retour en régie directe par la remunicipalisation de l’eau, de la diminution de la consommation de l’eau, de la mise en place d’un tarif progressif ?

Bien sur, le dicton populaire dit bien : « un tiens vaut mieux  que deux  tu l’auras ». Mais les enjeux sont tels que nous pouvons tout autant affirmer: « qui peut le plus peut le moins » Enfin, osons le dire, un audit a ses limites. Se battre pour la baisse du prix de l’eau et pour l’augmentation du pouvoir d’achat, a ses limites. Ce ne saurait être une fin en soi.

 Seraient ce les limites de nos ambitions, de l’autre société, de l’autre monde que nous sommes en droit d’espérer ? Ce que la municipalité de gauche à Toulouse doit assumer, c’est une étude assumée pour la remunicipalisation des services de l‘eau, et pour l’agglomération de l’assainissement. Faudrait-il, pour rappeler les valeurs de gauche, leur réadresser une enveloppe kraft ?

 

 

 

 

Par François Simon - Publié dans : toulouse
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Mercredi 21 mai 2008

 

 

Autant regarder la réalité en face. En 2012, nous avons perdu les élections présidentielles car la gauche n’a encore une fois pas su se construire. Ne parlons même pas de reconstruction puisque cela fait maintenant des années qu’une gauche rassemblée, à vocation majoritaire n’arrive pas à trouver ses fondements.

Dans une semaine aura lieu le second tour. La gauche, éparpillée, ne retrouve pas même les scores de 2007, déjà catastrophiques. Le PC, les Verts, NPA, le successeur de la LCR, la Gauche Alternative retrouvent leurs résultats dans un ordre différent. Dimanche, beaucoup de leurs électeurs iront voter pour tenter de repousser Sarkozy et sa bande. Mais voter pour qui ? Pour le Parti Démocrate Citoyen, nouvelle dénomination de l’ancien Parti Socialiste, à la suite du congrès extraordinaire de Golfech, sur proposition de Terra Nova. Qui est Terra Nova ? C’est la nouvelle cellule de réflexion de feu le PS, créée en 2008, qui valida les propositions de Jacques Attali, la priorité au nucléaire pour relancer la croissance et la production, et qui affirma que le terme « socialiste » était un épouvantail pour le peuple français et donc interdit de séjour chez les socialistes, excusez moi, chez les démocrates citoyens.

Le suspens fut à son comble lors des primaires pour choisir entre Ségolin Strauss-Kahn, Dominique Royal, Bertrand Hollande ou François Delanoë. Je me trompe dans les prénoms ? Qu’importe puisque, après tout, leurs discours étant interchangeables, leurs noms et prénoms peuvent l’être. Vous avez remarqué qu’il n’y a plus aucun candidat qui se réclame de la gauche ? Bonne observation mais un peu désuète. Lors du congrès de Reims, aucune motion de gauche ne fut présentée, jusque des contributions réflexives vite oubliées. De plus le congrès de Golfech décida non seulement de bannir le terme socialiste mais aussi dans la déclaration de principe du PDC, les références à la gauche.

Il est vrai que vous pouvez m’arguer que le candidat du PDC n’a depuis quelques semaines que le terme de gauche aux lèvres. Mais vous comprenez, nous sommes aujourd’hui en campagne, et durant ce laps de temps, toutes les extravagances sont autorisées. Du reste, le principe de réalité d’impose si le PDC veut arguer du vote utile aux deux tours, pour écraser la gauche lors du premier, pour battre Sarkozy au second.

Dimanche prochain, je ne sais pas ce que je ferais. Voter pour que tout continue, ne pas voter pour que tout continue, voter blanc pour ne pas être entendu ? Pourtant, excusez moi de revenir à une histoire très ancienne. Nous avions tous cru qu’après le non au référendum sur l’Europe proposé par un ancien Président de la République, aujourd’hui oublié, renié par la droite au pouvoir, nous avions cru que nous allions construire cette gauche dont nous rêvons encore.

Seulement, à chaque fois, certains, tout en continuant de scander leurs discours martiaux, choisissaient de rejoindre l’ancien PS afin d’obtenir des élus locaux ou régionaux. D’autres refusaient toute logique de parti, ne croyant qu’aux réseaux et aux collectifs, pourtant eux-mêmes vite entachés de querelles byzantines, incompréhensibles et inextricables. D’autres enfin voulaient bien construire un nouveau parti, mais autour de leur seule structure. Parfois, certains osaient critiquer leur parti, voire même de créer une réflexion critique organisée, mais toujours de l’intérieur.

Des collectifs émergeaient, se chamaillaient, disparaissaient puis se reconstituaient sous un autre vocable. Des appels fusaient, justes et généreux. Mais les vieux baroudeurs, les queues de comète idéologiques, vexés de pas «  en être » se précipitaient pour signer aussi et reprendre leur antienne unitaire, persuadés que c’était eux qui avaient raison et que l’histoire, enfin, leur donnerait raison. Pour d’autres, tout cela donna de l’urticaire militant, et à la vue de tout collectif dit unitaire, de regroupement de structure, d’appel en tout genre, ils se détournaient et se résignaient à cantonner leur militantisme dans le monde associatif, écologique ou humanitaire.

Le temps passa. Tout initiative avait de suite ses détracteurs.

Des groupes politiques locaux, dans les régions ?…Des structures qui empêchent les partis de se renforcer, des structures édifiées pour l’avènement d’un carriériste, arriviste,  évidemment un prochain traître prêt à se vendre au plus offrant.

La décision de la LCR d’amplifier son message en passant par les médias ? … Une pipolisation de nos valeurs…argument avancé par ceux là même qui dénonçaient l’enfermement  « en tour d’ivoire de la LCR » ! Je tiens à préciser que je ne soutenais pas la création du NPA, autour le la LCR et sa façon d’opérer, alors que je soutenais la création d’un parti de gauche, large et ouvert.

L’Appel de Politis, appuyé par des signataires, certes connus mais pour beaucoup d’entre eux élargissant enfin notre courte longue-vue à un horizon allant au-delà des sempiternelles signatures professionnelles, et, vivant en dehors du cénacle parisien, je dois le dire, bien peu représentatives de la diversité et du dynamisme des régions ? Condamné, suspect au mieux, parce qu’une telle a créé le dissensus aux dernières régionales, tel autre a bradé un service public en tant que ministre, tel autre enfin parce que cela fait tant de décennies qu’il proteste, renâcle, mais reste au sein de son parti !

Tout cela est en partie vrai. Mais faut-il alors se condamner à l’impuissance permanente ? Peut-on imaginer un jour renverser le cours des choses uniquement avec celles et ceux avec lesquels nos sommes en phase, en accord total ? Où faudra-t-il valider le cours immuable de la seule voie possible, celle qu’ils veulent continuer de nous imposer, UMP, PDC et consort ?

Ah, si seulement, une machine à remonter le temps pouvait permettre à ce texte d’être lu et publié en 2008, du temps où nous pouvions encore nous ressaisir ! Hélas, aujourd’hui, il n’y a plus de journaux de gauche, de lecteurs de gauche, de pensée de gauche…juste quelques nostalgiques, dont je suis, que la psychiatrie moderne a catalogué comme DCS, les délirants chroniques systématisés.

 

 François Simon, Toulouse, Le 19 MAI 2008

Par François Simon - Publié dans : construire la gauche
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Jeudi 8 mai 2008

Militantes et militants politiques, syndicaux, associatifs, citoyens non engagés mais conscients de la situation politique  se retrouvent dans des collectifs, lieux de rassemblement et de lutte sur un sujet spécifique. Qu’il s’agisse de lutter contre l’ouverture de centres de rétention pour mineurs, de la mise en régie directe des services de l’eau ou des transports, de la lutte contre les franchises médicales ou le maintien de services publics de proximité, les exemples ne manquent pas… Et la liste est loin d’être exhaustive.

Permettant de regrouper des forces et des énergies qui ne sauraient se retrouver dans un autre cadre en raison d’une séparation considérée étanche par notre histoire politique, syndicale ou associative, les collectifs ont fait preuve de leur efficacité.

C’est par la mobilisation commune et un regroupement en collectif, qu’en Juillet 2004, le Conseil Général de Haute-Garonne changea d’attitude et se mit à défendre une régie directe des transports publics.

C’est par le regroupement de nombreuses associations, de citoyens inquiets, de faucheurs volontaires, que les collectifs anti-OGM ont essaimé dans toute la France, permettant à l’immense majorité de la population de signifier son rejet des OGM en plein champ.

C’est par la mobilisation de RESF, que dans la France entière, des parents d’élèves, des enseignants, des partis, syndicats, associations et citoyens révoltés luttant ensemble pour la régularisation ont permis de franchir le cercle traditionnel des militants.

De lutte en lutte, des collectifs ont ainsi pris place dans le champ politique, et parfois ont réussi à mobiliser, parfois même à influer sur des décisions politiques voire de les inverser.

Un moment de bascule, qui reste dans nos mémoires collectives comme un moment exceptionnel, fut la mobilisation contre le Traité Constitutionnel Européen. Des collectifs pour le NON se construisirent partout en France. Vent debout contre  la collusion des partis dits de gouvernance, PS, UDF, UMP, les Verts, soit la quasi-totalité des présidents de régions, de départements, des députés et des maires, contre la déferlante médiatique, le peuple de France se saisit de ce texte, l’analysa et se regroupa en collectifs locaux. De nombreux meetings furent organisés, regroupant à la tribune des militants syndicaux, d’Attac, des responsables du monde paysan comme José Bové, mais aussi des responsables de la LCR, du PC et même des partisans du Non venus du PS ou des Verts. Remontant un théorique handicap annoncé par les sondages, ce fut le Non qui l’emporta, et donc pour nous les collectifs du non.

Moment d’euphorie ! Des collectifs, ainsi regroupés, pouvaient faire basculer le monde politique et inverser les résultats attendus. Là où  le monde politique ou syndical échouait, des collectifs déterminés pouvaient l’accomplir.

Il nous sembla impensable que cette dynamique s’arrête et les collectifs pour le NON devinrent les collectifs du 29 Mai, que l’on peut résumer en collectif de la transformation sociale.

S’en suivirent les reculades de PRS, de retour au bercail et livré aux délices des motions de congrès. La volonté de la LCR de capitaliser cette démarche dans une volonté de regrouper autour d’elle puis de son nouvel outil le GPA. Les Présidentielles arrivèrent et la cacophonie atteint son paroxysme. Exit la LCR et son parcours solitaire. Ensuite ce fut Saint–Ouen et l’irruption de collectifs créés de toute pièce pour imposer la candidature de la secrétaire du PCF. Puis ce furent les querelles intestines et les multiples candidatures. Il y eut bientôt de nombreux collectifs unitaires qui ne défendaient plus les mêmes options. Mais la démarche des collectifs, et surtout s’ils se dénommaient unitaires, restait hors de toute analyse critique.

Aujourd’hui, est-il enfin possible d’aborder cette question sans risquer réponses outrées,  diatribes violentes et exécutions verbales ?

Passons sur l’analyse euphorique que nous fîmes collectivement sur le non au TCE. Gardons cette seule question : quelle est la fonction d’un collectif ? Construit à partir d’une mobilisation spécifique, peut-il se transformer et devenir l’objet d’une démarche politique générale ? Est-il le plus à même à suppléer la carence patente des partis et syndicaux de gauche, à proposer un projet, une alternative, à même de convaincre militants, population et électeurs d’y adhérer ?

Nous atteignons là une nouvelle limite. A celle des partis traditionnels et des syndicats, s’ajoute celle de  collectifs dits de la transformation sociale. Les collectifs ont été une étape importante, un lieu de regroupement, de prise de conscience politique. Il n’en reste pas moins que leurs difficultés actuelles signent leurs limites et qu’il est temps, à partir de leur dynamique, de leurs acquis de passer à une nouvelle étape. Celle d’une prise en compte globale des priorités sociales et écologiques, à même de construire un projet et une alternative politique. Il faut qu’aujourd’hui, toutes celles et ceux qui ont participé à ces collectifs franchissent le pas et construisent cette alternative, sans regret ni nostalgie pour les structures politiques qu’ils quitteront, sans nostalgie ni regret pour des collectifs qui n’avaient par définition qu’une vie éphémère, celle de leur motif de mobilisation.

Peut-être est-il venu le temps de construire une force politique, un parti qui s’assume. Celui d’un parti qui s’installe clairement dans un pôle alternatif, mondialisé, écologique et social, opposé au mode de la mondialisation actuelle. Un parti qui s’assume, non pas dans une opposition frontale et totale face au sociolibéralisme qu’assume aujourd’hui le Parti socialiste, mais en parti de gauche clairement en désaccord avec celui-ci et déterminé demain à lui disputer la responsabilité de la gauche. Les collectifs auront toujours raison de se former et d’exister au fur et à mesure des combats que nous mènerons ensemble.

 

 

 

 

Par François Simon - Publié dans : construire la gauche
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Jeudi 8 mai 2008

Triste suite….

 

Le gouvernement de Prodi, coalition de centre-gauche italienne, pourtant héritière supposée de la gauche socialiste et surtout communiste, a fait long feu. Berlusconi, pour la troisième fois, non pas le comique médiatique que veulent nous vendre certains médias, mais cet homme politique de droite, partisan d’alliances avec le MSI, la ligue du Nord, ami de la fille de Mussolini qui n’a rien rejeté des théories de son père, ce milliardaire, changeant les lois pour se soustraire à la justice, cet homme qui a avili les médias à un simple spectacle de bas étage, bref cet homme  en passe de reprendre le pouvoir.

Le maire de Rome, Veltroni, « l’espoir de la gauche » refuse toute alliance avec la gauche arc-en-ciel, celle qui représente tous les mouvements situés à sa gauche. Un bateleur de foire, l’exploitation médiatique de faits divers incriminant des délinquants étrangers, permettant l’amalgame malsain que nous avons connu en France, le reniement de Veltroni d’une alliance à gauche, la recette nauséabonde était là. La recette a fonctionné au plus grand profit de la droite extrême. Nous avons hérité en Italie du retour de Berlusconi, du renforcement de la ligue du Nord et l’élection à Rome d’un maire, Alemanno, ancien responsable des brigades des jeunes fascistes !

Faut-il poursuivre ? En Grande-Bretagne, la politique poursuivie depuis des années de libéralisme  à peine mâtinée de social, a fini d’épuiser l’espoir des couches populaires. Blair, Brown, une nouvelle réforme des impôts, a mené à la débâcle des travaillistes. Triste résultat, mais peut-on même s’en attrister ? A Londres, cela donne la défaite de Livingston et l’élection d’un conservateur sexiste, raciste et homophobe, à moins que ses propos n’aient plus aucune signification. Le dénommer bouffon n’est en rien une excuse. Nous ne sommes plus à la cour des rois où les bouffons amusaient par leurs excès la mélancolie des rois. En 2008, cet homme devient l’un des hommes les plus importants de Grande-Bretagne.

Morale de l’histoire : L’Europe est encombré de véritables dangers, Alemanno, Berlusconi, Sarkozy, Boris Johnson…La faute à qui ? A une gauche de « gouvernance » qui a renoncé, la faute à une gauche protestataire et stérile, qui ne croit plus en rien, ni au grand soir, ni à la prise démocratique du pouvoir, la faute à une gauche alternative, écologique, sociale et démocratique, qui doit en toute urgence franchir le pas des collectifs, des fragmentations politiques issues de partis désuets, cette gauche qui doit se construire et s’assumer. Chiche ?

 

 

Par François Simon - Publié dans : construire la gauche
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